jeudi 10 janvier 2013

Calcutta, bouleversante, déstabilisante et… envoutante !


Malgré toutes nos appréhensions, la longue étape à Calcutta (10 jours) s’est avérée une des plus intéressantes du parcours.

Nous sommes rentrés de Darjeeling en avion, le 2 janvier, tous les trains étaient complets. Une dernière soirée avec Norbert sur Calcutta, pleine d’émotions.
Les échoppes devant le temple de Kali

Grâce à notre précieuse amie, Sybille, nous sommes hébergés dans deux très grandes chambres de la Tomorrow Foundation, au dernier étage de la YMCA (prononcé par les filles : « Moi, j’aime skier ! ».). Souvenez-vous de la chanson des Beatles et de leur chorégraphie kitsch ! Les clips ont bien évolué : les corps des chanteurs se sont recouverts de tatouages, le déhanchement est plus affirmé  et se dénudent plus facilement !



Cette Guest House date de 1861. C’est la plus ancienne YMCA de tout l’empire britannique ! Et effectivement, on l’impression qu’elle n’a jamais évolué : la tuyauterie, les meubles, les ventilateurs… et même un staff adorable mais d’un autre âge !


Nous sommes vraiment heureux de disposer de ces très grandes chambres avec chacun son lit et d’une cuisine. Nous donnons sur une des plus importantes rues de Calcutta (Nehru Street, assez bruyante (mais ça nous permet de moins culpabiliser des cris de Timothée !) et nous profiterons certains soirs du Maiden, immense étendue verte que les anglais ont légué à Calcutta, juste en face du Victoria Memorial.


Toute la journée, et surtout en soirée, des milliers de personnes déambulent sur cette esplanade, au milieu des jeux de cricket. Ce sport  nous étonne toujours. On se souvient d’une blague qui disait que « c’était un sport pour les anglais, qui leur permettait de continuer à bavarder tout en prenant l’air, juste après le thé et juste  avant le whisky ! ». C’est  certainement une de ces nombreuses blagues françaises anglophobes !

Les règles du cricket sont complexes. Malgré notre intérêt, personne n’est arrivé à nous les expliquer simplement.  Les matchs passent en boucle sur les chaines indiennes. Certains matches peuvent durer 5 jours. C’est tout un peuple qui communie avec enthousiasme et ferveur.  Nous, les non-initiés nous avons l’impression que seulement 3-4 personnes jouent, les autres sont en alertes. Incontestablement, il y a beaucoup de classe, de grâce et d’élégance. C’est un jeu de gentlemen  qui s’est vraiment popularisé. L’inde, le Pakistan et le Bangladesh sont parmi les meilleures équipes du… Commonwealth !

Entrée du mouroir à Kalighat
Le lendemain, de notre arrivée, nous visitons avec les 3 filles, le temple de Kalighat, épicentre de toute la ville et qui accueille le mouroir de Calcutta, fondé par Mère Theresa ; Vives moments d’émotions pour papa qui se souvient de ses brefs engagements, trois années de suite, dans cet endroit il y a plus d’un quart de siècle !

Cette émotion sera encore plus intense quelques jours plus tard lors de la visite dans la maison mère des missionnaires de la Charité qui héberge la tombe de Mère Térésa. Papa avait rencontré très brièvement la Mère, avec un ami, Antoine, devenu prêtre du diocèse de Paris. 

Tombe de mère Térésa

Sa tombe est sobre. Une petite exhibition, sans prétention, retrace sa vie, ses combats contre la pauvreté, ses fondations. Sa chambre minuscule, où elle a passé plus de 50 ans ! Partout, règne une atmosphère de grand recueillement. Un matin, de bonne heure, les parents assisteront à la messe, avec plus de 200 sœurs et des dizaines de volontaires. Papa se souvient de la position de Mère Térésa, en tailleur, discrète, silencieuse, tout au fond, minuscule personne, dotée d’une volonté si puissante. L’humilité d’une petite dame au service de la grandeur d’une œuvre ! A méditer !



Découverte des projets de la Fondation Tomorrow

Dans l’après-midi, nous visitons le premier des projets de la Fondation Tomorrow où nous sommes accueillis par la merveilleuse Saswati.  Nous prendrons beaucoup de plaisir à visiter, au cours de la semaine, deux autres leurs projets et à participer à leur pique-nique annuel de toute l’équipe, tellement animé, où les rires ont fusé pendant toute la journée. Cette gaité était communicative et les enfants ont vécu, une de leur plus belle journée.  

Cette fondation indienne intervient dans le domaine de l’éducation. Les projets touchent des classes particulièrement démunies, avec un accent important sur le handicap. Le passionnant directeur Ritwik, souffre lui-même d’un handicap des membres inférieurs. Il a pu étudier et voyager. Son rêve est que Calcutta devienne une ville « deseable friendly » ! Il nous apprend que son adaptation dans ce monde très hostile et souvent indifférent aux handicapés a été facilitée grâce à quelques professeurs et directeurs d’écoles qui exigeaient systématiquement que Ritwik soit intégré dans tous les jeux qui se faisaient dans les cours de récréation. Aucun jeu de balles n’était accepté si il n’était pas intégré dans les matches. Ainsi, il est devenu goal ou joueur de basket. Belle leçon de volonté et d’intégration !


Nous passons avec les trois filles, quelques heures dans un de des deux bus mobiles du projet Chairabeiti. Ce bus s’installe dans des poches de pauvreté pour accueillir des handicapés moteurs ou mentaux. Le bus a été aménagé avec des jeux et des instruments de kinésithérapie. Il y a deux équipes de 5 personnes (agents communautaires, physiothérapeute, kinésithérapeute) qui s’occupent de jeunes. Nous avons la chance d’être intégrés pour quelques heures de disponibilité au service de ces jeunes. Les filles ont particulièrement apprécié la joie des enfants mais aussi ont été impressionnés par des moments de violence, toujours courts mais intenses. Il faut alors isoler, punir et réconforter. Savant dosage !

Le lendemain, nous visitons le « Mother project », à quelques centaines de mètres du temple de Kali (Kalighat). Ce projet initié par la Fondation et Mère Térésa propose des classes de rattrapage aux jeunes en difficultés scolaires. Nous passons de classe en classe. Augustin en profite pour faire le pitre. Ce soir-là, aucun enfant n’a pu travailler !

Augustin rayonnant devant un auditoire tout acquis
La Fondation Tomorrow gère aussi, dans les locaux d’une école publique, un projet « Model class » qui s’adresse aux jeunes très pauvres. En quelques années, et en suivant le curriculum du ministère, la Fondation a mis au point une pédagogie adaptée et performante. Nous pensons à nos propres expériences, avec Initiative Développement puis avec ADEMA dans le Nord-Ouest Haïtien, l’école Pa nou, initiée par Isabelle et Mausert.




Et toujours et encore le CNED

Chaque matin, nous travaillons le CNED, avec beaucoup d’acharnement !

Le rythme est pris. Plus personne ne râle, malgré les quelques négociations d’usage (« Papa, aujourd’hui, pas d’évaluation, seulement trois matières, etc. » ou « Maman, après tu m’achèteras une voiture », rajoute Augustin !).

Au cours de cette année, les plages horaires, consacrées au CNED, se rétrécissent mois après mois à cause de toutes les opportunités de découvertes et d’échanges qui se créent. Nous nous concentrons donc sur les fondamentaux et sur les matières principales. Certaines matières, plus « créatives » sont faites en groupe !


Chaque fille a ses préférences et surtout ses blocages : la technologie n’enchante pas Maguelone (les notions de cahier des charges ou de fonctions techniques et d’usage sont difficiles à transmettre et à comprendre) ; Guillemette bloque sur l’orthographe française (les filles ont régulièrement le droit à de longs monologues de papa sur la rigidité de l’Académie française, arque boutée sur les règles, alors qu’une langue et vivante et doit évoluer, « Bon, t’as fini, papa,tu nous l’as déjà dit 10 fois,  on peut s’y remettre ! ») ; et Justine n’adhère pas aux sciences du vivant, pourtant si intéressantes. 

Nouvel An dans le Toy train à 2.000 mètres d’altitude


Dernière journée dans les montagnes, à Kuarsong, que nous avons vraiment préféré à Darjeeling, très touristique et bruyant.

Lucile s’est battue pour pouvoir obtenir des billets sur ce train incroyable : 30 km en 3 heures, à travers des paysages magnifiques. Nous sommes au milieu d’une population tibétaine tellement calme.

Le Toy train date de 1881. Il est le dernier train à vapeur en opération à cette altitude. Il traverse à plusieurs reprises, la route, construite plus tardivement. Il déambule lentement et bruyamment à travers un paysage somptueux.  

Il et classé au patrimoine Mondial de l'Humanité. 

Nous arrivons dans un hôtel d’un autre âge, l’hôtel Cochrane, au milieu des plantations de thé. « Home sweet home ». Les anglais savaient recréés dans un univers tamisé avec un mobilier d’antan. Les garçons se précipitent sur les Teddy bear en peluche et nosu partons pour une petite promenade dans les plantations. 

Avec Norbert, nous en profitions pour faire une ultime relecture de cette année et nous prenons des résolutions (« un peu directifs, les parents ! »). 

Chacun s’engage à donner plus et donner mieux. Chacun est heureux de poursuivre, malgré la fatigue des kilomètres accumulées. 

Le lendemain, le 2 janvier, nous prenons l'avion pour rentrer sur Calcutta et nous avons la joie d'apercevoir l'Everest au loin. 



Au loin, l'Everest

samedi 5 janvier 2013

Message du Père Norbert qui a partagé notre vie pendant une semaine




Le père Norbert Marie SONNIER, dominicain et ami de la famille (il nous a marié et a baptisé les 5 enfants) nous a rejoints une semaine à Calcutta puis Darjeeling. Plein d'affection, d'humour et de lucidité, Norbert nous a aidé à relire nos premiers mois. Il nous a permis de mettre en perspectives les prochains moments et nous avons célébré une messe devant un paysage époustouflant. Des moments rares et appréciés. 

Voici son témoignage. 

"Rejoindre la famille Montariol pour partager une huitaine de jours de leur périple est une expérience qui, en soi, vaut déjà le déplacement ! Et, de plus, quand il s’agit de faire, avec eux, Darjeeling, ça devient mythique …

Ils m’ont rejoint à Calcutta arrivant par train du Bengladesh. J’étais arrivé la veille, ou plutôt le matin à 3h, sans bagages (perdus entre Delhi et Calcutta), mais ayant fait la connaissance de 2 françaises lors de notre escale forcée de 12h à Delhi. J’ai mis tout ce monde en relation, car ils appartiennent à la même tribu des partenaires en développement …

On s’installe donc à l’Hôtel Astoria, sur Suder Street, et l’on a une séquence « nostalgie » puisque Bruno - à l’époque de sa folle jeunesse - était arrivé dans cette rue où se retrouvent les aventuriers en tout genre. Je retrouve donc la famille que je n’avais pas vue depuis le baptême de Timothée que j'avais célébré au Liban en octobre 2010. Tout le monde a l’air en forme et chacun se plaît à raconter ce qui l’a marqué depuis le début du périple. 

L’enthousiasme est intact, malgré les déplacements incessants et la fatigue des transports.

Calcutta est fascinante, mais je m’y sens bien. J’y ai passé une journée tout seul à traîner un peu à l’aventure. Deux personnes m’ont donné l’impression de sympathiser en me parlant de leur ville et en me faisant visiter, mais déception au final … puisque je suis sollicité pour donner de l’argent à l’une ou l’autre « fondation » qui s’occupe des enfants des rues. Enfants des rues, enfants dans les rues, enfants au travail … on ne peut pas ne pas les voir ! Et Thibault que l’on rencontrera à la fin de mon séjour nous expose avec enthousiasme les projets de l’association pour laquelle il a travaillé comme collecteur de fonds. Je suis épaté de voir combien les français sont mobilisés pour venir en aide aux enfants.

Il y a une vraie vie de rue, une vie dans la rue à Calcutta : on peut y manger, s’y faire raser, se faire cirer les chaussures, etc. Certains y vivent, on voit des embryons de bidonville un peu partout, des gens s’installent et vivent sur les trottoirs. Mais cette Calcutta est en train de disparaître, m’a-t-on dit, au profit de la construction de grands immeubles qui vont transformer cette antique capitale de l’empire britannique en une mégalopole contemporaine. Hélas ! Les belles demeures coloniales disparaissent … mais l’Inde se tourne résolument vers l’avenir. Et on sent ce dynamisme qui contraste tant avec nos sociétés tellement installées qu’elles en paraissent sclérosées, comparées à cette vitalité qui anime la ville et sa population.

Darjeeling … c’est un vieux rêve de Bruno ! Nous voilà partis : avion et taxi (3 h de conduite rapide sur une route étroite et encombrée !). Le dépaysement est total dans cette ville située à plus de 2000 m, pas loin des sommets himalayens que l’on voit enneigés. On tombe en plein dans un festival local, ce qui donne une animation culturelle à cette ville où je suis étonné du nombre d’hôtels, mais qui s’explique quand on sait que c’est le départ de nombreux trekkings. Ce qui frappe là encore c’est le contraste entre une certaine tradition et la modernité. Les jeunes notamment sont identiques à leurs contemporains européens : même look, mêmes vêtements, mêmes Ipod, Ipad . Mais l’on peut aussi se régaler dans des échoppes grandes comme un studio où l’on vous sert une excellente nourriture népalaise que les restaurants chics n’arrivent pas à égaler. Bien sûr, on a vu des monastères et l’on voit que la religion fait partie du quotidien et du paysage. Les traces anglaises sont présentes dans quelques belles demeures coloniales, pour la plupart transformées en hôtel chic (on passera une nuit dans l’un d’entre eux) et dans le Toy-Train que l’on prendra pour redescendre (3 h pour 50 kms). Et toujours la même vie, la même vitalité, que ne ralentit même pas l’administration qui occupe beaucoup de gens à remplir des formulaires en tout genre, comme on le voit presque partout en Inde.

La famille Montariol n’est pas qu’en vacances : les enfants doivent travailler leur scolarité grâce au CNED. Chaque jour, on s’essaye à trouver quelques heures pour avancer dans le programme et surtout réaliser les évaluations que je posterai  à mon retour en France. Il faut du courage aux enfants pour s’extraire de cette aventure humaine qu’est leur itinérance pour se plonger dans leurs leçons, sans le cadre porteur d’une salle de classe. Mais chapeau ! Ils y arrivent … et les notes que j’avais rapportées montrent leur sérieux. Je pense que cette année leur apportera des connaissances que l’on apprend dans aucun livre.

Bruno passe pas mal de temps dans l’organisation, les formalités, les projets, les plans et leurs réalisations … C’est son truc, et il s’en tire très bien. Lucile fait mon admiration dans l’enthousiasme avec lequel elle avance dans cette aventure où rien n’est simple et en même temps demande de tout simplifier.

Dire que j’ai été heureux de passer cette semaine avec eux est une évidence et je les remercie de m’avoir invité à les rejoindre. J’ai bien envie de réitérer l’expérience avant qu’ils ne quittent l’Inde…"

P. Norbert-Marie Sonnier, « aumônier » de la famille !





vendredi 4 janvier 2013

Darjeeling... on prend de l'altitude !

27-31 décembre 2112

DARJEELING, la légende commence... le nom est mythique et fait rêver.



Le Kangchendzonga (8.598 mètres)

Plus de place dans le train et très compliqué d'arriver à la conclusion qu'il nous faut prendre l'avion puis 3 heures de 4 x 4 à travers une route étroite et sinueuse...


L'essentiel étant d'avoir retrouvé notre ami dominicain Père Norbert (protecteur de la famille !) la veille à Calcutta, un plaisir d'être avec lui toujours disponible malgré un emploi du temps chargé pour nous rejoindre au bout du monde !

Dire qu'il y a 2 jours nous étions au niveau de la mer, voire en dessous à certaines saisons ... Nous voilà à Darjeeling à  2000 mètres d'altitude 

On accumule les couches pour se protéger du froid, 2 pantalons, 3 paires de chaussettes, 4 polaires et chacun son bonnet tibétain (plus doux qu'à l'époque de papa car doublé de polaire!!) 

Tous les matin nous travaillons au soleil en plein air sur le toit- terrasse de l'hôtel Tranquillity (qui n'en a que le nom tant les cloisons son fines...) devant un fabuleux panorama : la montagne enneigée du KANGCHENDZONGA (8598 mètres - troisième sommet le plus haut au monde après l'Everest (au Népal) et le K2 (au Pakistan), les parapentes nous passent juste devant, des conditions de travail au sommet !!!



Les plantations de thé parfaitement entretenues

Les après-midi, courtes puisque le soleil se couche vers 18 heures, s'étendent entre promenades vers les monastères "and the Darjeeling Bodybuilding (si ! si !) and the Tea Festival " !!!!


Nous découvrons le bouddhisme tantrique, des bonnets jaunes, celui du grand véhicule, du Dalaï Lama, exilé en Inde. 









Nous tournons les moulins à prières, dans le sens des aiguilles d'une montre excepté Timothée qui nous regarde avec son regard coquin et par principe nous contre-dit: il va finir par se réincarner en tête de mule...

On lutte déjà pour qu'il arrête de s'allonger par terre à la moindre objection... 
L'altitude lui donne des cauchemars et il se réveil en pleine nuit en hurlant si bien que nous avons déménagé vers une maison d'hôte ou nous occupions la totalité de l'établissement.

Autre inconvénient du succès de Darjeeling, les Klaxons permanent pour essayer de réguler le ballet de 4 x 4 qui stationnent et desservent la foule de touristes indiens dans les rues abruptes de la ville.


Résultat: ce n'est pas l'air pur qui nous aura marqué mais bel et bien la vue splendide des neiges éternelles du KANGCHENDZONGA sur  fond de ciel bleu.



Pour déjeuner, nous nous serrons dans des gargotes au menu unique de soupe et momo (beignets vapeur de poulet).
Séance DSA et... "rentre ton ventre chéri !"



Nous rencontrons 6 jeunes français adorables qui au cours de leurs études sont venus donner six mois de leurs vie à des projets des MEP (mission Etrangères de Paris), nous les retrouverons sur Calcutta.


Visite à Tiger Hill où nous célébrons en plein air face à la montagne la plus belle des messes en ce dimanche 30 décembre pour prier La Sainte Famille. MERCI SEIGNEUR !

Père Norbert nous propose de fêter le 31 décembre avec nos enfants qui se réjouissent et se régalent de saveurs indiennes, de gâteaux et de "Charlie la chocolaterie" film moral s'il en est ! !





Pendant que les parents apprécient à sa juste valeur le premier dîner en tête à tête depuis le 26 sept ! ! ! Un DSA inattendue ... ( il faut être Équipe Notre Dame pour comprendre !!!!!).


Soirée au Fairway, ancien Hôtel colonial ou nombre d'indiens se retrouvent pour passer la nouvelle année. Nous apprécions tout particulièrement le salon anglais, son feu de bois, et son décor de cadres sur la conquête de l'Everest entourant une majestueuse bibliothèque.








EXCELLENTE ANNEE 2013 A CHACUN D'ENTRE VOUS

Que cette année soit sous le signe de la douceur, de la paix et de l'espérance.



Les enfants... tous réunis !





















Tous nos voeux pour la nouvelle année



Tous nos voeux pour 2013 : une année riche en découvertes et en rencontres. Que Dieu bénisse vos familles, vos amis et vos projets...

cold-katta


23 DECEMBRE J-1 


Bogra, ses éleveurs et ses vaches Un projet tellement émouvant* et innovant que même nos 12 heures de voiture valaient le coût !


Quand dans le froid brumeux du matin on voit arriver de jeunes maman, un enfant sur les hanches et dans l'autre main un seau avec quelques litres du lait de leur unique vache, pour gagner à peine un euro... Quelle leçon de vie !

 
On ne se lasse pas de les voir nous sourire à s'en tordre le cou lorsqu'ils sont à vélo !!!

Mais quelle idée ils ont de manger si épicé ????
Chapati et Paratha sont dans un bateau :  Paratha tombe à l'eau (car elle est trop grasse,cuite dans l'huile ). Heureusement il reste des CHAPATIS dont les enfants se régalent à toute heure... Des yaourts et QUE de l'eau pour trinquer en plein pays musulman ...

Retour sur Dacca le 24 DECEMBRE pour préparer un super réveillon avec Véro, Gabriel et Anne (Aghion super réalisatrice ) dont les fameux documentaires sur les Gacaca aprés le génocide rwandais.


On se refait tous une santé culinaire .... No Spicy selon Notre définition !


Salades de folies, Miam O fruit ( joindre lien internet nouvelle philosophie alimentaire) pomme de terre à volonté, graines germé, saumon frais, gâteau au chocolat ...on en a oublier le foie gras pour ne pas frôler l'indigestion...

Et pétillant Mum pour les mamans !!!

Nous allons rejoindre la communauté chrétienne Anglo- Bangladeshis, toutes vêtus de saris magnifiques dans une église comble. 


Quel plaisir d'entendre ENFIN des chants de Noël. Un beau prêche, relatant les traditions de chaque pays pour célébrer ce jour merveilleux, le PLUS important de l'année avec un prêtre affable et pieds nus.

NOUS VOUS SOUHAITONS A TOUS ET A CHACUN D'ENTRE VOUS QUI SOMMES CHERS A NOS COEURS UN JOYEUX NOEL


Tout comme Dieu est né au monde par Marie, qu’Il naisse aussi en chacun de nous, en nos âmes, par la grâce et l’Amour !


La hotte du Père Noël est petite cette année, il faut dire qu'il parcourt la monde ce père Noël ...
Alors au réveil toujours l'émerveillement sous le sapin nous découvrons des bons... des bons ? 
Oui, des bons de voyage...


Maguelone part en Inde, Guillemette en Chine et Justine en Russie  !!!! ("cool" déclame Justine !).


Timothée s'amuse avec les papiers et ne se lasse pas de déballer ...du papier !!!


Quand à Augustin: des câlins et des bonbons tout est bon et des voitures pourvu qu'ça dure !



25 DECEMBRE  Une superbe journée fraîche et ensoleillée


Papa repart sur un programme, maman va nous équiper en prévision du froid de Darjelling et nous on chante sur nos deux roues :

"A Paris en vélo, on dépasse les autos...

A Dacca en tandem on nous prend pour des sirènes !"

Guillemette adore le principe de ne pas être obligée de pédaler !!! Même si l'on y perd un peu en autonomie.

Puis match de cricket. Hier nous avons assisté à un entrainement et avons pu réaliser comme le terrain est extrêmement bien rentabilisé. 
C'est à dire qu'un jeux de cricket cohabite  avec une partie de foot ou de basket en toute courtoisie. Les trois balles ou boules se croisent sans aucune plainte !

Voila encore une image de la densité de ce pays ! Dans un monde d'hommes, beaucoup d'hommes, que des hommes !!!

Dernière soirée festive dans cette ambiance chaleureuse, d'échange de livres, de tuyaux, d'histoires. Record détenue par Véro hé oui pour l'anecdote la plus romanesque et drôle !!!

A bientôt sous d'autres cieux...


26 DECEMBRE


Logistique parfaite jusqu'au bout nous prenons le train pour une journée vers Calcutta où nous attend Père Norbert Marie, ami de longue date, marieur, baptiseur de chaque enfant, ou qu'il soit; et en plus parrain de Justine.

Welcome to INDIA 

Même le chauffeur du train conduit plus bruyamment côté indien, que le chauffeur Bangla!

Les TRAINS

"Convois d'une longueur immodérée composé de plusieurs dizaines de wagons, si bien que si vous aviez loué une place dans une voiture de tête, vous aviez le sentiment d'avoir déjà accompli la moitié du chemin !!"


Une société qui raffole des hiérarchies ne peut se satisfaire de deux catégories.


Aussi, à côté d'une seconde avec banc de bois, équivalente à l'ancienne troisième. On trouve aussi une seconde à air conditionné avec rideaux et couchettes, beaucoup plus chère; la première à son tour se subdivise ; sans compter une "coach-class" en 1ère et 2nd sur les trains rapides qui sont donc sujets à une autre tarification. Même dans les trains, il y a dse castes !

En définitive les chemins de fer indiens proposent six classes différentes : seul point commun la malpropreté et l'encombrement ! La démocratie règne !



Mais cette fois, nous avions 12 places pour 7 ! De quoi travailler le Cned pour ne pas perdre les bonnes habitudes !


A la tombée de la nuit nous arrivons sur Calcutta, lieux et arrivée qui nous a angoissé si souvent...  et qui au contraire se révèle en douceur : une gare pas si bondée, des dizaines de beaux taxi jaunes qui nous mettent en joie, Augustin en tête, et c'est parti vers Sudder Street, un bon de 25 ans en arrière pour Papa tout ému !


Sa vie à la "Bob Mauranne" à commencé ici et il n'aurait jamais imaginé revenir avec sa tribu !!!


Après le Bangladesh que nous avons tant aimé... Nous sommes aussi vraiment heureux d'être en Inde et tout particulièrement dans son ancienne capitale, Calcutta, découverte la nuit...

Demain par contre au réveil : levée de voile sur la misère se sera une autre histoire ...

Visite du projet de Eau et Vie dans le bidonville de Dhaka

25 décembre...


Lors de notre séjour chez Véronique, nous avons eu la chance de rencontrer Anne Aghion. Elles se sont connues au Rwanda lorsqu’une et l’autre travaillait sur la justice de proximité et traditionnelle, post génocide, appelée les Gacaca.

Ses films exigeants et passionnants sont disponibles sur les sites :

  • http://www.gacacafilms.com/
  • http://icepeople.com/


Notre amie, Valérie, nous met en contact avec Musfika, de l’ONG Eau et Vie. Une visite du quarter est organisée le 25 décembre. Anne accompagne papa. Le reste de la famille y a renoncé,   épuisé par la nuit de Noël et tant de projets à visiter ! Même Véronique, si active et dynamique trouve papa « hallucinant » ! Et décide d’embarquer les grands en tandem, trop content de se faire encore plus remarquer avec un vélo inhabituel !!

Musfika est une personnalité, très attachante, d’un dynamisme incroyable. Les habitants se sont installés dans ce bidonville il y a une quarantaine d’années, après la guerre de libération. Le quartier ne dispose pas de source publique d’eau potable ni de latrines. L’eau consommée est fournie par des familles qui disposent d’une pompe illégale branchée sur des adductions de la ville.

Le projet vise à apporter de l’eau potable à 2.700 foyers. Le ministère va désormais fournir de l’eau au quartier, qui sera dispatchée dans des citernes, d’où partiront des tuyaux pour alimenter chaque maison. L’originalité de ce projet est de fournir l’eau à domicile. Traditionnellement, sur les projets d’eau potable en milieu urbain, à forte densité démographique, l’eau est acheminée juste aux citernes collectives, gérées par des comités d’usagers. Il est assez rare, dans ces pays, que l’eau arrive jusqu’au foyer.  

Voir site : http://www.ong-eauetvie.org/




Anne, qui a l’habitude de présenter ses films à toute sorte de publics, est particulièrement intéressée par la valise « Pelikan » qui sert pour des formations. Dans ce petit espace bien hermétique, il y a des batteries, un Ipod, un écran de télévision plat et des hauts parleurs. Astucieux et pratique !






A la découverte d’un projet de social business…


23 et 24 décembre

Nous avons la chance de rencontrer Corinne en charge d’un projet phare du « social business », mis en œuvre par un partenariat Grameen-Danone. Elle nous propose de visiter le projet à Bogra, au Nord de Dhaka (à environ 5 heures).

En fait, il nous faudra 9 heures  à l’aller et 5 heures au retour en minibus. La sortie de Dhaka est interminable, bruyante et assez épuisante.  La conduite des bus et camions est vraiment très dangereuse. Ils mettent la vie de leurs passagers et des autres véhicules en danger. On conduit au klaxon ! Nous restons en éveil et sous stress durant tout le trajet, malgré notre bon chauffeur. Les enfants et leur ami, Gabriel, sont des trésors de patience : ils lient, jouent et regardent un film sur l’ordinateur.

Ce qui fera dire à Maguelone, qui a le sens de la formule et de l’ironie : « 9 heures de route et réveil tôt pour voir  des vaches, vous nous faites tout faire  ! ».

Le lendemain, nous sommes pris en main, dès 7 heures du matin, par l’équipe du projet.

Evidemment, notre arrivée dans les villages ne passe pas inaperçue avec sourires et questions. Nous expérimentons le continent indien. Les gens regardent, questionnent, commentent et rentrent dans « l’espace de proximité » ! (Voir la photo de Guillemette buvant son thé entouré d’une cinquantaine de personnes !). Il faut s’y faire et « gérer la pression » !

Gabriel a aussi beaucoup de succès, les villageois n’ayant pas vraiment l’habitude de voir un enfant d’origine africaine dans les environs et en plus il est tellement beau !

Nous découvrons et apprenons ce que signifie le « social business » (entreprenariat social en français). Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix pour la création du micro-crédit via la Grameen Bank définit « l'entrepreneuriat social comme la réponse aux problèmes de pauvreté par des entreprises qui n'attendent aucun retour de dividende ». Evidemment, les investisseurs peuvent en attendre un retour en termes de communication interne ou externe. Il est d’ailleurs, à ce stade, fondamental de communiquer aux autres investisseurs et au grand public pour démontrer que l’entreprenariat social, ça marche ! 

M. Riboud (Danone) et Yunus (Grameen)
Ce projet c’est donc d’abord, la rencontre entre deux personnages (Pr. Yunus et Antoine Riboud, PDG de Danone), deux dynamiques (une « banque des pauvres » et une entreprise commerciale) et deux institutions (Grameen et Danone). 

L’objectif du projet est de réduire la pauvreté en améliorant la santé par l’alimentation et en développant un modèle économique de proximité à la fois créateur d’emplois et respectueux de l’environnement.


Voir le site http://www.danone.com/quoi-de-neuf-dans-le-groupe/grameen-danone-food.html

Après une heure de minibus, la visite débute par la collecte du lait. Les agriculteurs viennent le matin et le soir dans des centres de collecte avec le lait qui est contrôlé (densité), pesé et acheté par le projet. Les vaches, bien traitées, peuvent ainsi rapporter quotidiennement aux agriculteurs entre 1/2 et 2 euros, ce qui est très substantiel en milieu rural. Le projet forme et accompagne les agriculteurs. La bonne qualité du lait est, en effet, vitale pour la fabrication de yaourts.

Pour les agriculteurs c’est une assurance unique. Ils ont la certitude que leur production de lait sera achetée par le projet, à prix fixes.

Le lait est ensuite acheminé vers un centre de traitement. Il est mélangé, filtré et chauffé dans une grande cuve (la même que celle de notre voisin aveyronnais, Dominique, qui fournit les Caves de Roquefort pour leur fromage !) puis rejoindra l’usine de fabrication de yaourt à Bogra.

Nous avons beaucoup de chance de pouvoir visiter cette usine aux protocoles d’hygiène très stricts. Nous devons nous déchausser, nous revêtir d’une blouse et de capuches. L’usine tourne 24/24 h. Le lait est enrichi de vitamines et protéines et l’usine produit quatre sortes de yaourts. Une nouvelle usine est en construction pour lancer un nouveau produit (yaourt en tube, nouveau conditionnement permettant un plus longue durée de conservation).


Evidemment, les enfants assurent le spectacle ! Ils créent l’événement ! Le staff de l’usine prend plus de photos que nous ! Ils apprécient particulièrement cette visite et dégustent les yaourts en grande quantité ! Sacrée pub ! Ils adorent ! Timothée a récupéré son déficit de calcium en une journée !

Les yaourts sont ensuite acheminés par camions, vélos ou mobylettes pour être vendus par des commerçantes, sur les marchés, à la sortie des écoles ou dans la rue. Les femmes peuvent ainsi gagner une petite marge en proposant aux enfants et aux familles un produit nutritif de qualité.

Le yaourt est un « produit frais vivant » qui a une durée de vie limitée. Le « contrôle qualité » est donc permanent à toutes les étapes du processus.

Ce projet est un bel exemple de philanthropie d’investisseurs qui garantissent ainsi des revenus à plusieurs centaines d’agriculteurs, de salariés et de revendeurs. L’entreprenariat social est à ses débuts. Il a besoin de ses « sucess stories » pour s’imposer progressivement. Il s’adresse aussi aux particuliers qui peuvent acheter des SICAV dont les dividendes sont réinvestis dans des projets sociaux en leur garantissant leur mise de départ et un intérêt proche du taux de l’inflation.