mercredi 13 février 2013

Happy Valentine...



Encore une idée de maman pour stimuler la famille positivement !

Chaque membre de la famille reçoit une invitation à une soirée Saint Valentin*...

C'est notre première Saint Valentin Familiale ! On s'en souviendra !

(et cette annee, La Saint Valentin tombe le jour du debut du Careme ! Double raison pour etre positif !)


"Soirée à thème, soirée je t' Aime"


où comment se faire plaisir et se dire des compliments 


  • "Moi, j'aime mon frère, parce que...
  • Et moi, j'aime ma soeur, quand...
  • Vous les parents... J'aime surtout...j'aime aussi...J'aime...j'aime, j'aime..."


Regle du jeu : ne dire que des choses positives...



Suivie de l'annonce de papa : L'invitation pour un mariage en Mongolie... A suivre...








mardi 12 février 2013

Super Nadia....

Les multiples atouts de Nadia...




Tour a tour, prof, nounou, guide, chaperon, photographe officielle du groupe...


Elle s'est adaptee a la vie de famille avec ses contraintes, ses horaires, ses bruits...

Elle a fait decouvrir a Lucile le massage et la medecine Ayuvedique ! Extraordinaire !

Nous avons bien profite de sa connaissance du sous-continent et des sagesses orientales...

Les filles ont beaucoup apprecie sa disponibilite, ses connaissances, son parcours, ses engagements et son histoire... 

Ca a apporte de l'oxygene a la famille ! Merci Nadia !

Une petite pensee particuliere pur nos amis communs, connus en Haiti et pour ses parents, qui nous ont accompagnes pendant notre sejour tellement ils etaient presents dans nos discussions...

Bonne route Nadia...






Kerala... the holy state







On est séduit par cette province qui s'étire au sud : peu densément peuplé, très croyante, extrêmement verdoyante. Le rythme paisible du Kerala est aussi contagieux que l'agitation indienne. 







Les épices du Kerala attirent les marchands depuis plus de trois millénaires, Romains, Arabes, Chinois. L'arrivée de Vasco de Gama, en 1498 marqua le début du colonialisme européen, Portugais, Néerlandais, Britanniques et Français rivalisèrent entre eux pour contrôler le lucratif commerce des épices.





Le Kerala actuel constitué en 1956, réuni les États de Travancore, de Cochin et de Malabar. C'est le premier Etat au monde à élire librement un gouvernement communiste en 1957 qui depuis est régulièrement réélu. 


Ainsi devenu l'Etat le plus socialement avancé d'Inde. 91% d'alphabétisation surtout dispensé par des écoles religieuses fondées par des missionnaires. 

Mais l'absence de développement industriel et d'investissement étrangers limite l'ambition de certains jeunes.

Un état beau et prospère à mille lieues* de la frénésie qui règne ailleurs dans le pays.


Plus de*1000km en effet, les distances sont dantesque en Inde... Pas de train, nous avions fait le choix d'une voiture privée avec chauffeur. Le dieu de la chance, nous a souri, il s'appelait Ganesh, était souriant, gentil, extrêmement prudent sur la route et adorait s'occuper de Timothée !!!!


10 jours durant nous avons parcouru les plantations de thé et d'épices, les forêts d'eucalyptus et de rubber qui couvrent les montagnes des GHATS OCCIDENTAUX où vivent éléphants sauvages et oiseaux exotiques, a tel point que Bruno veut devenir "bird watcher" !




Direction les reposantes collines de MUNNAR à 1.200 km.

Le mini hôtel DEW DROPS, 9 chambres seulement, son gigantesque aquarium transformé en micro piscine ! nous accueille au coeur d'une plantation de Cardamome et café. Très peu de clients qui de plus changeaient chaque soir, à nous de deviner leurs origines... Une ferme ou traire du bon lait frais. Le rêve pour 3 jours de farniente !!!

Nouvelle coupe de cheveux au "beauty parlor"pour les garçons avant de rejoindre le "ice cream parlor" !

On quitte ce havre de paix à regret mais la route est si belle...








On arrive à Chellarkovil aux environs de Kumily au Beaumont Heritage House surplombant la vallée. Un adorable indien nous accueille, merci pour les bons plans de Michel.

Il est 17h c'est le jour de Saint Sebastian et tout le village est en fête  autour de l'église. L'assemblée à revêti ses plus beaux sarhees, il y a tous les âges dans un profond respect. Femmes d'un coté, hommes de l'autre à genoux, assis, ou en révérence à même le sol devant l'autel. Débute une messe haute en musique, célébrée par un prêtre chanteur, en couleurs (fuchsia, rose, guirlandes illuminés, étoiles brillantes) et en traditions mais ou règne une touchante ferveur.

C'est beau de reconnaitre une même Foi imprégnée de traditions ancestrales.

Encore un succulent diner aux saveurs multiples et le lendemain on part visiter 
KUMILY,THEKKADY ou LA RESERVE NATURELLE DE PERIYAR
Les appellations multiples dénommant le même endroit prête à confusion surtout quand l'accent et le prononciation s'en mêlent ! Mais bon on arrive toujours finalement à destination le temps s'étire aussi en Inde le long des kilomètres.


En avance sur son anniversaire Guillemette et Nadia (toutes deux grandes amies des bêtes) se réjouissent d'une promenade à dos d'éléphant après laquelle elles ont nourri et lavé leur monture prenant elles-même "une douche sous trompe" !

Nous voguons sur le lac artificiel à la recherche des Sambars, des Langurs at autres éléphants sauvages... Évidemment comme dans toute réserve, on ne voit aucun animal sauf quelques singes qui veulent piquer notre pique nique !

Le divin Ganesh, super chauffeur !



Ces quelques jours dans la montagnes, au milieu des plantation de thés ont été vraiment agréables et reposants. Nous allons descendre vers la côte vers Cochin. 



vendredi 8 février 2013

Epices, piments et nouvelles saveurs...

"ÇA PIQUE PAS?" leitmotiv de Timothée

Non pas la barbe naissante de son papa, mais tout ce que Timothée souhaite goûter et dévorer ! "Ça pique pas?"  20 fois par repas ! 

Toute la famille s'est graduellement habituée aux épices. 


Maguelone, en cheftaine d'équipe, donne l'exemple, de plus en plus pimenté et de plus en plus avec la main. Elle ne souhaite aller que dans des restaurants dans la rue, à la propreté douteuse... où on mange tous sur la même table, entre deux voisins, à toute vitesse. Elle voudrait plus de "root"... Les parents sont souvent traités de "touristes de luxe" ! Elle veut fuir les touristes et n'aller que là où il n'y a que des indiens... Les autres doivent suivre... sans se plaindre...

La rareté augmentant le désir, les enfants apprécient des tas de mets qu'ils n'auraient jamais testés ailleurs et notamment les différentes compositions d'arômes autour des légumes.

Conquis par la nourriture indienne, les parents se promettent de devenir végétariens, mais... craquent assez facilement au moindre "chicken masala" !


Tout le monde adore manger des byrianis directement sur une feuille de bananier avec nos doigts de la main droite, sauf Maman qui décidément a du mal à s'y faire !



Visite d'un jardin d'épices

La veille, papa et tous les enfants avaient visiter un jardin d'épices - une cinquantaines d'arbres et d'arbustes différents - le poivre, la cardamone, la feuille aux 5 épices, le café, les champs de thé...

Le lendemain, Maman a eu la chance de pouvoir revisiter le même jardin d'épices avec Augustin comme guide... Il était fier de répéter ce qu'il avait retenu. Et finalement, il avait bien écouté, alors qu'il gambadait la veille à courir après les chèvres et les oiseaux... Le processus d'apprentissage des enfants est vraiment mystérieux !






lundi 4 février 2013

Le Tamil Nadu, pays des temples...


A l'extrême pointe de l'Inde où trois océans se confondent, Golfe du Bengale, Océan Indien et Mer d'Oman, un Etat où le XXI Siècle se juxtapose à des traditions les plus anciennes et insolites.

La mythologie tamoule où les royaumes étaient gouvernés par des rois-poètes belliqueux qui préféraient les pétales de roses à l'or, construisant d'immenses cités qui rivalisaient avec les villes chinoises et européennes et de splendides temples à degrés, évoquant ceux des mayas. 

La dynastie des Cholas posséda l'un des plus grand empires maritimes de l'histoire, propageant dans toute l'Asie du Sud-Est les croyances tamoules : réincarnation, karma, yoga ... De ces croisements naquirent des merveilles architecturales comme ANGKOR VAT !

De nombreux tamouls participèrent activement à la lutte pour l'indépendance, obtenue en 1947 et en 1956 l'état autonome du TAMIL NADU vit le jour, avec leur langue dont ils sont très fiers, aussi éloigné de l'hindi que le russe...




Avec  plus de 5.000 temples aux nombreux adeptes qui sont d'importants lieux de  pèlerinage pour les hindous, où les pujas (offrandes et prières), les visites continuelles de centaines d'écolières joliment tressée en uniforme et les fêtes hautes en couleurs nous ont impressionnés.


THANJAVUR ou TANJORE

C'est un des temps forts de notre visites de temples... Magnifique... Splendide et tellement priant !






Le Temple-fort de BRIHADISHWARA, couleur granit, reflète le soleil qui colore ses pierres du rouge à l'orange. Les fidèles ont fêté, récemment, les 1.000 ans de son promoteur, Rajaraja, le roi des rois.

Un énorme taureau de 6m sur 3m, taillé dans un seul roc qui pèse 25 tonnes est au centre du temple.

Des milliers de lingams offerts par les  fidèles encerclent le vimana tour centrale de 66 m de haut. Selon la légende, Shiva serait apparu sous la forme d'une colonne de feu au mont Arunachala, créant le symbole original du lingam.





MADURAI

Si  CHENNAI ou MADRAS, capitale économique est le cœur du Tamil Nadu, MADURAI en est l'âme.

L'une des plus anciennes cité d'Inde, une métropole qui commerçait avec la Rome antique. Désormais, c’est une économie qui dépend des nouvelles technologies avec un dynamisme et l'effervescence d'une ville indienne traditionnelle.






Le temple monumental de SRI MEENAKSHI AMMAN la déesse aux trois seins et aux yeux de poissons. Elle aurait perdu son 3ème sein quand elle rencontra son mari Shiva.

C'est le summum de l'architecture sacrée d'Inde du Sud, comme le Taj Mahal pour l'Inde du Nord !

C'est un ensemble de 12 Gopuras – grandes tours - colorés et sculptés d'innombrables dieux, déesses, démons et héros, qui entourent un bassin.






Le temple accueille une magnifique salle aux mille piliers où nous avons admiré une collection de divinités hindoues...




Disgressions sur l'Inde...


Il y a 65 ans que Gandhi Père de la nation a été assassiné.

Le Père de la Nation est extrêmement apprécié et respecté. Il faut dire qu'un petit homme comme ça avait une telle conviction et volonté, qu'il est arrivé, par sa campagne "Quit India" à ébranler l'Empire puis à mobiliser tous les indiens autour de la construction d'une Nation. Malheureusement, il n'a pu éviter la Partition avec le Pakistan. 

Ses récits auto-bibliographiques sont à lire. Ils ont inspiré tant de dynamiques en Orient et en Occident.


Tandis que maman (après la parenthèse Auroville) se ré-acclimate au bruit, à l'effervescence, au stress, à nous recompter... Papa et Maguelone se félicitent d’être en Inde…

REFLEXIONS  DIGRESSIONS ET EMOTIONS SUR L'INDE 

Il y a un proverbe missionnaire qui dit : "Lorsqu’un étranger arrive dans un pays, après deux jours, il écrit un livre, après 10 ans, il écrit un article, après une vie, il n’écrit plus rien".


Nous n’avons pas la prétention de comprendre quelque chose à l’Inde. Jacques, rencontré au Bangladesh et qui y a passé plus de 20 ans nous disait qu’il ne comprenant toujours rien. 5.000 ans d’histoire à l’échelle d’un sous-continent, c’est évidemment trop pour toute une vie.


Nous nous contentons donc des odeurs, des regards, des images, des rencontres, des moments de partage… sans trop vouloir généraliser mais avec une envie d’y vivre et de nous y plonger durablement.

Un écrivain arrive toujours à formaliser mieux que quiconque ces impressions. Nous empruntons donc à Pascal Bruckner, auteur que nous apprécions beaucoup pour son sens « politiquement incorrect », les quelques digressions suivantes, parues dans son livres, « Les Parias ».

Pages choisies 

Une Inde imaginaire, fantasmatique autant que réelle, aimée autant que détestée et sur laquelle chacun projette sa peur, son enthousiasme, ses doutes ou sa colère. 

Une Inde dont les démesures et la misère n'effacent jamais la séduction magique, quasi merveilleuse qu'elle exerce sur tout étranger.

Aprés le tuk-tuk d’extrême Orient, c'est le pays du "RICKSHAW", un taxi-scooter pétaradant, aux sièges défoncés qui nous emporte à grand train à travers la ville, zigzaguant entre les bus, les camions, les vélos et les bovins en vadrouille couchés à même la chaussée.

La FOULE une douzaine de races se coudoie, se mélange, commerce dans les langues les plus étranges sans compter le flot des cyclistes, les carrioles médiévales, les triporteurs et toute la ménagerie habituelle des ânes, chèvres, chiens et vaches. 

Les BAZARS dégorgeant sur les trottoirs: des mètres d'étoffes aux teintes vives, des piles de comestibles et d'épices, des grappes de pantoufles aux batteries d'ustensiles en aluminium.

Dans une coulée de piétons coiffés de turbans, de voiles, de calottes blanches, de châles, un grouillement d'individus aux pupilles noires indéchiffrables.

Partout cela brille, scintille jusqu'aux taches rouges sang de bétel qu'hommes et femmes crachent inlassablement.

CUISINE ET RESTAURANTS : 

Savez-vous pourquoi les restaurants indiens sont si peu éclairés? Dans un pays où presque la moitié de la population souffrent de la faim, le repas en public prend allure d'acte clandestin. On se dérobe à la vue, on ripaille dans l'ombre. Pour exemple un "vegetable thali" est une réunion de 40 spécialités de la cuisine végétarienne sur un plateau de cuivre voisinent, dans des coupelles, des parterres de carottes, de concombres, de choux fleurs, de navets, de courgettes, de tomates, de lentilles noires, du riz blanc, deux godets de curry et un paquet de galettes de froment brûlantes et fumantes. Les tons foncés des sauces, pareilles à des confitures qui varient du rouge bordeaux au miel doré élèvent la table au rang de Tour de Babel, un raccourci coloré de MOTHER INDIA. Les plats étant petits, il faut y piocher tour à tour, doser de nombreuses saveurs et non se limiter à l'uniformité d'une sensation unique. Lorsque jusqu'à présent on a gouté de l'Inde que son thé et ses fruits soigneusement pelés aller plus loin apporte la tempête jusque dans nos systèmes digestifs !

Dans cette société très stratifiée, la cuisine représente un contre-modèle. Le système assigne à sa naissance et à sa caste, tandis qu'elle dit les joies du métissage, du mélange. Le curry symbolise l'Inde parce qu'il rassemble sous son toit tant de religions et de peuple divers. L'épice est un lubrifiant qui accélère la digestion et fédère les aliments, non sans les dissimuler... Dans ces ragoûts se mijotent d'étranges conspirations. On vous cache tout ce que vous mangez dès lors que les ingrédients ont baigné des heures durant dans un masala. Ici, pas de cette franchise puritaine de la cuisine euro-américaine qui doit toujours décliner son identité, son poids, son origine, sa date de naissance avant d'être jugée comestible.

Au contraire des pays démocratiques, en Inde on mêle les denrées parce qu'on sépare les hommes.

La religion reprend vite ses droits. Toutes les castes ne mangent pas les mêmes plats.

Division entre cuisine moghlai et cuisine du sud, entre le grillé et le sauté qui recoupe l'opposition entre l'islam et l'hindouisme. La brochette, le kebab, est l'apport d'une religion avide de simplicité et de clarté à l'inverse du curry, lequel privilégie la confusion et le camouflage ou chaque mastication devient une devinette.

C'est un incendie qui commence aux lèvres, se propage aux organes et ne s'éteint jamais tout à fait car le lendemain, l'épice se venge encore et se rappelle à votre bon souvenir. Des saveurs qui imprègnent, imbibent la peau et l'organisme des mangeurs. C'est pourquoi tant de vieux hindous sentent la coriandre, le safran ou la cardamone. 

N'oubliez pas que l'on mange qu'avec la main nue, la main droite uniquement, la table devient un temple : en avalant ces trésors parfumés, on communie avec l'univers.

RELIGIONS

Visites d'un temple sikh où des gaillards en turban et robe mousseline se prosternaient devant un livre noyé sous les jasmins et les œillets; à un temple hindou où des brahmanes onctueux et gras tentaient de soudoyer des dieux grimaçant; jusqu'à la Grande Mosquée où des milliers de fidèles, tous en blanc, se jetaient avec discipline le front à terre... Partout éclatait l'orgueil d'appartenir à la vraie foi. La multitude des idoles chez les hindous renforçait la hantise du Dieu invisible chez les musulmans.

SADDHU, moine hindou qui vise un idéal détachement vont par les routes, en bandes, à demi nus, le corps couvert de cendres, les cheveux laqués de bouse  de vache. SANNYASIN en robe ocre, shivaïtes armés d'un trident, fakirs musulmans en pagne et turban, yogis émaciés l'impression de traverser la cour des miracles.

Mais toujours tant de femmes magnifiques aux saris multicolores et ces enfants souriant de leurs dents blanches.

Nous ne savons trop penser d'un pays qui, à chaque pas, vous jette ensemble le chaud et le froid, la splendeur et l'outrance en pleine figure.

L'Inde vous impose sa beauté comme un fardeau, aux plus nobles panoramas se superpose quelque vision effrayante, placé là pour vous rappeler à dessein la lourdeur de certaine destinée.

En Inde, le scandale est la même chose que la perception. Voir s'est s'indigner.

La laideur est uniquement urbaine, mêmes indigentes, les campagnes ne dégagent pas l'épouvante noirâtre des grandes agglomérations. Le cœur de l'Inde authentique bat dans les villages.

LANGUE ET ANGLAIS :

L'unité linguistique n'existe pas, la diversité des dialectes crée de véritables frontières d'Etat à Etat. En plus d'un accent marqué, très particuliers qui nous décomplexe en nous laissant perplexe sur la compréhension et parfois dans un anglais impeccable qui souligne les déficiences du notre...

LA VUE :


Spectateur-né les indiens vous matent, vous dévisagent et vous questionnent de leurs accents si particulier ! Et pour autant nous pourrions nous balader chacun avec un pot de chambre sur la tête, tout le monde s'en foutrait…

La photo étant le prolongement de l'œil : c'est 20/30/50 voire 100 fois par jour selon les endroits plus ou moins touristiques que l'on nous demande toujours très poliment d'immortaliser nos faciès... Les deux garçons s’y plient plus difficilement, mais on aime échanger ces sourires…

L'ODORAT : 

Les effluves d'encens, de curry, d'épices, de graillons, d'urine réduite à l'essence d'ammoniaque, de jasmin, de parfums, odeurs stupéfiantes, affolantes se combinant pour en produire de nouvelles, toujours inoubliables, comme si un alchimiste s'amusait à faire des expériences avec vos narines... ».

mardi 29 janvier 2013

Pondichery... ancien comptoir français

Ce dimanche 27, nous sommes partis visiter Pondichery.



Sur le chemin, nous avons visité la fraternité des Petits gris (Frères de Saint Jean), fondés par le Père Marie-Dominique Philippe, qui accueillent des enfants orphelins du SIDA. Nous avons la chance de pouvoir échanger avec le Père Pierre qui nous fait visiter cette splendide mission, mitoyenne de l’université de Pondichéry.

Puis nous poursuivons sur le vieux quartier français de Pondichéry , ancien comptoir français.


Un peu d’histoire. 


En janvier 1673, un militaire français achète au sultan local, le village de Pondichery. Ainsi débute l’épopée de la France aux Indes. Pondi devient la base française du commerce dans cette région en devenant le siège des établissement français des Indes qui rivaliseront quelques temps avec la Compagnie des Indes orientales de l’empire britannique. Cependant la splendeur de ce comptoir a été assez éphémère. 
Les Anglais la rasèrent en 1761 pour nous rétrocéder les ruines quelques années plus tard. En 1947, à l’Indépendance de l’Inde, la ville reste française et sera rétrocédée en 1956. L’influence française est encore réelle grâce au rayonnement de son Alliance Française et de de l’Institut français d’Indologie.

Les rues s’appellent rue de Suffren, rue de l’évêque, de la Bourdonneraie, rue Surcouf… Son monument français aux mots se dresse devant la mère et nous trouvons une messe en… français. ("Encore !" hurlent les filles qui finiront par surveiller Timothée... en jouant au cricket sur al place de la Cathédrale !).

Nous récupérons notre amie, Nadia, qui arrive de New York et qui va passer quelques jours avec nous. Sa connaissance du sous-continent indien (Népal et Inde) et du bouddhisme sont évidemment sollicités.

Sri Aurobindo


Les filles vont les emplettes. Maguelone s’achète des bagues aux doigts de pied, pour faire plus indienne ! Guillemette et Justine s’achètent des tissus, casquettes et sacs en matériaux recyclables !

Nous faisons un bref détour pour visiter l’Ashram de Sri Aurobindo et de la Mère, qui continue à avoir une grande influence, grâce à leurs œuvres et aux retraites proposées.




Le soir, nous avons la joie d’être invités à dîner par Tamara et Cyril, installés depuis 5 ans dans le Tamil Nadu. Encore une vraie chouette rencontre bien amicale! Les échanges sont joyeux et spontanés. Tamara, Cyril et Chloé, nous espérons vivement vous retrouver dans ce pays… qu’on n’ose nommer ou bien ailleurs, « on the road ».


Nous avons découvert la Viparasa, grâce à Nadia et Tamara,qui l’ont toutes deux expérimentée en Inde ou dans un monastère Tibétain. 

Voilà ce que nous retenons : La vipassana est une méthode de méditation découverte et enseignée  par le Bouddha. Elle consiste à simplement prêter attention à la réalité.

Dans cet enseignement, regarder les choses telles qu'elles sont s'accompagne d'une découverte des pensées, sensations, émotions en explorant sa propre conscience. Le retraitant peut passe généralement une dizaine de jours, en silence total, sans le recours à la musique ou à la lecture. Il est cependant suivi et observé par des seniors. 

Dom le Seaux et Jules Monchanin, « passeurs entre deux rives »


A l’occasion de ces lectures et partages avec Point Coeur, nous avons redécouvert les engagements extraordinaires et uniques d’Henri le Seaux (moine bénédictin) et Jules Monchanin (prêtre séculier) en Inde. Leur histoire mérite d’être brièvement racontée.


Jules Montchanin
Les deux hommes viennent d’horizons bien différents. Jules Monchanin, lyonnais, intellectuel et érudit est parti en 1938 pour se lancer dans une entreprise d’évangélisation en milieu indien. Son évêque lui confie un travail pastoral dans des villages du Tamil Nadu. Mais il aspire à vivre plus intensément une vie contemplative, proche des sagesses hindouistes. 

C’était son appel, sa mission intellectuelle et spirituelle : "repenser le christianisme en Indien et l’Inde en chrétien." 


Dom le Seaux, aîné d’une famille nombreuse bretonne, est entré au monastère à l’âge de 18 ans. Dom le Seaux, qui aspire à la même vie contemplative, entend parler de la vocation de Jules Monchanin et décide de le rejoindre en Inde.

Ensemble, les deux hommes fondent en 1949 un ashram au lieu dit Shantivanam (« le bois de la paix »), sur les rives du fleuve Kaveri. L’ashram est dédié au Saccidânanda, c'est-à-dire, selon les Upanisad, au Brahma, Être, Pensée, Béatitude. Les deux ermites préparent ainsi la venue d’une spiritualité authentiquement indienne de la Sainte Trinité.

Dom le Seaux
Tous les deux prennent l’habit des « renonçants », au sein de la religion hindouiste. Assez rapidement, cependant des tensions « créatrices » apparaissent entre deux visions de cette mission. Il faudrait évidemment prendre le temps de la nuance et de l’approfondissement mais pour simplifier, Jules Monchanin, reste comme il le dit lui-même « grec », à savoir fils d’une culture chrétienne occidentale. Henri le Seaux, lui aspire à aller beaucoup plus loin. Il prendra la nationalité indienne et vivra, très intensément, des épisodes d’ascète et de yogi. Après avoir un certain temps résidé comme ermite sur la montagne d'Arunachala, Henri Le Saux commence une vie d'errance (il visite alors de nombreux couvents et fréquente des rencontres  interreligieuses) une partie de l'année et une vie d'ermite dans la région de Rishikesh (aux sources du Gange et aux pieds des Himalaya.

A l’occasion, d’une grave maladie, il connaîtra l’éveil. A la fin de sa vie, il aura la chance de pouvoir, être à son tour un « guru » pour son disciple Marc qui se chargera à sa mort de publier une partie de son Journal et de ses écrits.

Ces deux êtres nous ont profondément interpellés. Leur correspondance est publiée et le Journal de Henri le Seaux, assez ardu et dans son état brut et non censuré, est très instructif de ce cheminement.

Cinq mois déjà "on the road"...

Dimanche 27 janvier 2013

Nous fêtons nos cinq mois de voyage en quelques chiffres : 


  • 188 jours de voyages, 
  • 100 évaluations Cned réalisées (Du délire, trop complet pour de l'itinérance)
  • 52 lieux différents ou nous avons posé nos sacs et dormi
  • Nous n'avons plus que 3 sacs (2 sacs à dos et une grosse valise pour les bouquins du CNED. Les enfants prennent beaucoup de plaisir à arracher et à déchirer les pages du CNED réalisées. Le surplus de vétement a été distribué... ne reste que quelques médicaments, quelques livres et quelques fringues...
  • Nos bagages sont passés de 120 kg à environ 50 kg
  • 7 pays parcourus parmi les plus petits et les plus concentrés de notre voyage
  • Quelques petites gastro... (toutes petites !). 
  • Quelques kilos perdus sur la route.... Quelques grammes regagnés à Auroville !


On attaque désormais les pays de la démesure : ("Les plus... du monde", chers à papa)


  • Le pays le plus "pluriel", varié, étonnant, destabilisant, bouleversant : l'Inde
  • Le pays le plus haut du monde : le Népal
  • Le pays le plus peuplé : la Chine
  • Le pays le moins densément peuplé du globe : La Mongolie
  • Le pays le plus grand (9 fuseaux horaires) : La Russie 


On réalise chaque jour la chance que nous avons... Merci Seigneur !




Hier soir séance rebaptisée par Maguelone "A AMELIORER" : Relecture des mois passés et projection dans les mois à venir.

Un temps pour analyser, pour méditer, pour s'asseoir et réfléchir, pour se questionner sur toutes ces découvertes était bien nécessaire. 








Nous sommes émus, muets (sauf Timothée qui continue à brailler !) et curieux devant cette immensité et cet absolu à venir. 

Tout le monde est d'attaque pour repartir... le contrat de base a été renouvelé, dans la joie et dans la confiance. 



Et puis, et puis, ce dimanche, on a récupéré notre bonne amie, Nadia, rencontrée et appréciée à Port-au-Prince. Petit clin d'oeil à Amid qui nous lit en plein Maroc. Oui, Elle est bien arrivée et toujours aussi rayonnante !). 










Yallah !